Carnovali de Ste FOY l’un des 100000 collabos français !!!

À la libération, le colonel Paul Paillole, responsable du contre-espionnage français, entreprend de dresser la liste des personnes ayant collaboré avec l’occupant allemand. En 1945, il donne dans deux volumes de plus de 2 000 pages les noms des 96 492 « suspects et douteux ».

S3780005

L’enveloppe contenant le courrier de Carnovali à Cigardi postée à Vesoul

S3780006

La première page du courrier de Carnovali avec le texte ci-dessous.

Sessonges 12 janvier 1955                         ( par Darney Vosges )

Chers Amis,

 » Veuillez excuser notre retard à vous apporter à tous deux nos voeux les plus sincères de bonne santé et bonne année pour 1955 et en espérant mon vieux Pierre avoir ta visite cette année.

Etant toujours lourdement préoccupé au sujet de mes pillages, je suis en train de me défendre comme un malheureux pour arriver à toucher…..peut-être pas grand chose!c’est une bande de brigands ! Si toute fois, mon cher Pierre tu veux bien encore me rendre un service, voici de quoi il s’agit : la commission des dommages de guerre a le culot de me demander des preuves comme quoi il y avait de la marchandise dans mes camions ainsi que du mobilier qui a été pillé dans la maison à Ste Foy, envoie moi donc une attestation en ce sens qui est l’exacte vérité, tu le sais bien « .

Je soussigné ……à Messigny

Verso

S3790001

Deuxième page du courrier de Carnovali à Cigardi ; le texte ci-dessous.

 » Certifie sur l’honneur ce qui suit : Habitant à quelques kilomètres de Ste Foy, j’allais très souvent chez Mr Carnovali pour lui acheter des marchandises : pantalons, chemises blouses pour ma femme, bas et chaussettes que nous allions choisir à ses camions, lesquels étaient pleins de marchandises dans son garage. J’y suis encore allé courant juillet 1944 ou on a failli assassiner la famille Carnovali par jalousie et vengeance personnelle.

Je connaissais aussi très bien l’intérieur de la maison où il y avait de belles pièces anciennes, armoires, tables et fauteuils. M’occupant moi-même d’antiquités, je les appréciait justement. Tu me feras parvenir cette attestation le plutôt possible afin que je la communique à mon avocat car j’ai rejeté appel, merci d’avance.

Avec notre bon souvenir à Madame Cigardi ton vieux camarade qui te serre bien cordialement la main. Carnovali. »

Georges BALLIOT dit :

Suite au drame de Sainte Foy (affaire CARNOVALI) relaté précédemment chacun pouvait imaginer que tout avait été dit. Or, erreur, une grosse surprise m’attendait quelques années plus tard.
En début des années 1960, à une date dont j’ai le regret de n’avoir pas fait mention, j’allais découvrir dans ma boîte aux lettres la correspondance écrite le 12 janvier 1955 par Jean CARNOVALI à son ami Pierre CIGARDI. Lettre compostée le 12 Janvier 1955 à VESOUL. Qui l’a déposée chez moi, dans quel but? Je l’ignore toujours.
Afin de vous permettre de mieux juger du « climat » de l’époque je vous en donne communication. On y mesure l’ascendant de CARNOVALI sur CIGARDI. Il lui tient quasiment le porte plume. C’est un témoignage écrit important. Révélateur de la mentalité et du comportement redoutable de ces suppôts de la collaboration avec les nazis.
En 1946, CARNOVALI a été condamné à la peine de mort par contumace et alors qu’il vient d’y échapper, il n’hésite pas à traiter de brigands des représentants de la loi, lesquels ne font que rechercher les éléments d’appréciations sur les « pillages » dont il aurait été victime. N’hésitant pas à écrire » la commission des dommages de guerre a le culot de me demander des preuves comme quoi il y avait de la marchandise dans mes camions ». Pour lui, à son encontre…c’est scandaleux!
C’est un membre de la famille CARNOVALI qui a tué mais, pour autant, il n’en dicte pas moins à son ami Pierre d’écrire » J’y suis encore allé courant juillet 1944, quelque temps avant l’attentat du 22 Juillet 1944 où on a failli assassiner la famille CARNOVALI par jalousie et vengeance personnelle; »
« Attentat » – « Assassiner » comment est-il possible à cet homme de solliciter des écrits qui n’ont absolument rien à voir avec l’objet essentiel, lequel était relatif à une affirmation des biens possédés. « Attentat » alors que c’est lui, ou l’un des siens, qui a tué froidement le jeune Résistant Gaston BEAUNE.
» On a failli assassiner la famille CARNOVALI » Devant une telle affirmation on croit rêver CARNOVALI était trop bien « placé » pour savoir que si les maquisards avaient été mandatés pour une telle mission, d’abord ils s’y seraient pris autrement et que, par ailleurs, après la mort de « l’Aigle » leur camarade maquisard, ils avaient toutes les raisons de passer à l’acte.
Dans cette correspondance on note que CIGARDI avait déjà rendu service à CARNOVALI. Quels pouvaient être ces services antérieurs? Nous ne le saurons jamais et c’est bien dommage. Enfin nous trouvons CARNOVALI, adepte de l’ordre et de la discipline derrière le Maréchal, piétinant allègrement ses convictions d’hier dès lors que là, il s’agit de ses propres intérêts.
Nous ne savons pas ce qu’est devenue cette très engagée famille CARNOVALI. ( lui agent n° 215 de la Gestapo et sa soeur Marthe agent n° 216.) A ce titre quelles ont été leurs activités effectives ? Bien des événements tragiques se sont produits dans le secteur de vente ambulante de CARNOVALI. Ainsi dans la vallée de l’Ouche et la région Is/Tille Selongey ?
Pierre CIGARDI était-il l’un des informateurs de CARNOVALI. C’est très probable…
Avant la guerre 1939/1945 Jean CARNOVALI était un commerçant itinérant très apprécié vendant habillement et chaussures de qualité. Ancien combattant 1914/1918 sa fidélité absolue à PETAIN l’aura conduit directement à une collaboration active, ce que personne ne soupçonnait. C’est l’exemple type des ravages causés au patriotisme par la présence du vainqueur déclaré de Verdun à la tête du gouvernement de Vichy. Les allemands ne s’y sont pas trompés en l’acceptant à la tête de l’ Etat Français. Selon certains historiens une situation préparée de longue date: lors de l’arrivée de Pétain comme ambassadeur en Espagne, sous le régime de Franco.
Non, il n’y a aucune exagération dans mes propos sur cette bien triste période. Nous étions les uns et les autres placés sous une étroite surveillance, même hors de la présence réelle de la troupe allemande au village. Messigny comme Vantoux, sous l’occupation, ont été secoués par bien d’autres événements, je vous en rapporterai quelques uns.

Pierre CiGARDI est décédé le 17 mai 1972 à Messigny.

LA VIGIE CITOYENNE.

Cet article a été publié dans Messigny et Vantoux. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s