Un peu d’histoire de notre village …

aviateur-aoucc82t-1944-003.jpgEn Août 1944 un chasseur bombardier P.38 s’écrasait sur les terres de Grandchamps.
Le 27 Août 1944 vers 10h 30 alors que des bombardements avaient lieu sur Longvic, depuis la cour de la famille André ROUX vous avons vu un avion s’écraser sur les terres de Grandchamps et son pilote sauter en parachute. Je dis le 27 Août 1944, mais le rapport officiel de l’U.S. Army Air Force fait lui état de la date du 28 Août 1944. Je me range donc à cette date officielle.
Dès cette observation, surtout en raison de la protection du pilote à assurer, le lieutenant CHOUMETTE chef du Groupe FFI de Messigny désignait Augustin LACROIX et moi-même pour gagner au plus vite les lieux du crash. Rapidement parvenus au point de chute nous avons constaté que l’avion finissait de se consumer dans une épaisse fumée ce qui d’ailleurs nous avait guidé. La chute se situait à quelques 200 à l’arrière de la ferme du haut avant la légère pente conduisant à la forêt communale de Messigny. A peine y étions nous parvenus que déjà arrivait Pierre CIGARDI pour poser des questions sur le pilote. Nous avons compris qu’il n’avait pas vu le parachute et nous nous sommes bien gardés de l’informer. Puis nous avons rapidement quitté les lieux, notre objectif étant de  localiser le pilote pour lui venir en aide. Marchant en direction de la forêt, une fois le petit sommet des terres atteint nous avons aperçu une petite fumée qui montait de la lisière du bois. C’est ainsi que nous avons découvert rapidement le parachute qui finissait de brûler sous un petit enrochement. Rapidement nous l’avons atteint pour écarter tout repérage. Nous étions à une trentaine de mètres des terres de la ferme et à une dizaine de mètres à droite d’une ligne forestière qui plonge sur la combe de Chenaut. Avec Augustin nous avons vérifié les alentours puis nous avons appelé, mais sans réponse. A partir des graviers de la ligne forestière nous avons pu constater que le pilote l’avait descendue. A l’époque quelle chance pour lui cette ligne forestière vue la nature et l’épaisseur de tout le taillis alentour. Rapidement nous sommes descendus dans la combe mais, à partir de là, impossible de dire s’il avait remonté ou descendu la combe. Comme à priori il était hors de danger nous avons convenu de rentrer au plus vite sur Messigny pour rendre compte. Comme nous ne l’avons pas eu en vue dans notre descente de la combe nous en avons conclu qu’il était remonté en direction de Darois ou Etaules. En fin d’après midi le Groupe CHOUMETTE et le maquis LIBERTE savaient qu’il était réfugié à la maison forestière du Roy Jeannot à Etaules. Une expédition fut montée le soir même pour le rapatrier dans la nuit. André ROUX à moto ouvrant la route il sera conduit en auto au maquis LIBERTE de Saussy, puis de là au maquis Surcouf, à la ferme de Mortière, pour lui permettre de regagner rapidement son unité.Ce qui sera fait.

Mais, comme supposé, les soldats allemands venus de DIJON en nombre n’avaient pas tardé à arriver sur les lieux pour tenter de retrouver le pilote. Ils allaient chercher, chercher encore, mais sans succès. C’est là où nous avons mesuré la chance pour lui d’être entré en forêt juste à l’aplomb de cette ligne forestière. Un peu plus encore, lorsque nous avons appris, le soir, qu’il s’était « foulé » une cheville. On dit parfois « la vie n’a tenu qu’à un fil ». Là sa liberté a tenu « à une ligne » pour reprendre le terme forestier. Fort heureusement que nous avions également éteint complètement le parachute qui se consumait, puis recouvert le reste de feuilles et de brindilles.
Cette protection et récupération du pilote reste l’une des actions du Groupe FFI de Messigny. Le Conseil Municipal de monsieur POTRON acceptera spontanément que cette ligne forestière de la forêt communale soit baptisée du nom du pilote: Ligne du Lieutenant William N. HOWARD. Le 22 Septembre 2011 un panneau rappelant cet événement marquant fut installé aux deux extrémités de cette ligne. Nos remerciements à M. POTRON et aux membres de son Conseil Municipal. Grâce à eux cet événement restera dans les mémoires. D’ailleurs quantité de promeneurs ont apprécié cette initiative et nombre d’entre eux s’empressent de faire la photo de la ligne et du panneau.

Georges BALLIOT.

 » Il n’est rien qui n’imprime si vivement quelque chose en notre souvenance que le désir d’oublier «      Montaigne.

LA VIGIE CITOYENNE.

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