La funeste rencontre du Lt Sambain …

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Aspirant Sambain chantier de jeunesse de Fontaine les Dijon 1943 ( photo propriété de sa fiancée.)

L’affaire du lieutenant Raymond Sambain n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre du fait de l’absence de témoins du drame et de quelques zones d’ombre. Nous avons conduit notre propre enquête pour tenter de comprendre et de tenter de faire la part des choses. Nous avons consulté les archives des : Bundesgeschäftstelle (septembre 1958) – Deutsche Dienstelle Berlin (août 2005) – Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (juin 2005) – Nous avons également rencontré les personnes suivantes en codant de manière réglementaire la valeur des informations recueillies:

Mme Hélène …x……, fiancée de Raymond Sambain (A) – Mme Louise Sambain Debacker, mère (A) – Mme Madeleine….x…., fille de Résistant (B) – Mr Henri Lhuillier, pilote de la moto (D) – Mr Vincent…..x……, maquis de Saussy (B) – Mr Michel….x….., maquis Tarzan (B) – Mr Georges….x……, maquis Liberté (B) – Mr Emile Denis….x….. (B), en lien avec Mr Georges Balliot. – Mr Ernest Kratzeisen, Malgré Nous alsacien, déserteur, maquis Liberté (A).

Notre intervention à la suite de l’article de Mr Balliot ne constitue qu’une synthèse des évènements tant les déclarations et les écrits des témoins se sont avérés riches parfois précis parfois contradictoires.

Le sous-officier Raymond Sambain avait été très grièvement blessé en 1939-40 (Ligne Maginot et Belgique) subissant deux trépanations qui lui avaient laissé de sérieuses séquelles d’audition de l’ordre de 60%. Promu Aspirant il est affecté au Ministère de la Guerre (Maréchal Pétain) en charge d’organiser les Chantiers de Jeunesse dont celui de Fontaines les Dijon, promotion ‘de Bournazel’. Début 1944, le vent de la guerre change de direction, l’Aspirant Sambain déserte avec quelques-uns de ses stagiaires se repliant dans les bois d’Hauteville pour prendre contact avec le maquis. Nous n’avons pas été en mesure de traduire cette période restée floue quant au rôle exact de cet officier dans la Résistance. Le 8 septembre 1944 Raymond Sambain accompagné du pilote de la moto apparaît au café du Lion d’Or à Messigny. Selon une première version, malgré les conseils de prudence prodigués par deux clandestins locaux : André Roux et Pierre Martin, il décide de partir en éclaireur dans le Val Suzon et ce de sa propre initiative. Une seconde version précise qu’il partait rejoindre ses hommes à Curtil Saint Seine. Nous connaissons la fin tragique de Raymond Sambain, sauf que :

Le tenue militaire de l’Aspirant Sambain détenue par Mme Hélène…x…., sa fiancée montre à l’évidence qu’il avait été fauché au niveau du bassin par un tir de Sturmgewher (cal.7,92). Il est certain que l’officier commandant la colonne allemande a cherché à tirer des renseignements de ce soldat dans un état comateux. Les traces de tortures en témoignent ainsi que le fait qu’une balle dans la tête ait mis fin à ses souffrances. Raymond Sambain était atteint de surdité il n’avait pas entendu venir les éclaireurs allemands dont la progression était cachée par le virage. Ces derniers se montraient extrêmement prudents dans leur retraite sous très haute tension. Aurait-il eu le réflexe de réagir ?

La colonne allemande était composée d’un véhicule blindé du type Sonderkraft-fahrzeuge doté d’un canon de 38 et d’une mitrailleuse MG, de deux camions Opel, au moins d’une moto et d’une avant-garde de quelques dix soldats à bicyclettes. Soit un effectif d’environ 70 hommes.

Le combat de Messigny fut violent de part et d’autre malgré un ennemi très supérieur en nombre et en armement plus conséquent que celui des hommes du groupe Choumette qui se sont montrés à la hauteur de leur mission rivés à leurs postes de combat. Ne parvenant pas à rentrer dans le village, la colonne ennemie se replia emportant deux morts ou peut-être plus et au moins six ou sept blessés Cette précision importante a comme origine le témoignage de Mr Emile Denis…x… témoin de la halte de ces soldats au pied de son jardin à Val Suzon où l’on trouva un lot de photos perdues par l’un des allemands. C’est de l’une de ces photos, celle du matelot de la Kriegsmarine Walter Pittelkow qui faisait vraisemblablement partie de cette colonne que nous avons lancé notre enquête auprès des services allemands qui tous nous ont répondu avec courtoisie et une rare précision comme cela fut le cas pour la fosse commune des quatre fusillés du château de Vantoux.

L’Aspirant Raymond Sambain avait 32 ans……

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Ernest Kratzeizen  » un malgré nous  » décédé il y a une dizaine d’année

Nota : Raymond Sambain portait le grade « d’Aspirant » créé par le Maréchal Pétain. On disait à l’époque ‘Monsieur l’Aspirant’. Avec l’évolution au sein de la Grande Muette l’appellation Monsieur l’Aspirant se transforma en : ‘Mon lieutenant’. Le registre d’état-civil porte la mention ‘Aspirant’.

c.kayser

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