Gaston Muler, le laitier Kamikaze…

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Gaston Muler au centre vêtu d’un imperméable clair.

Gaston MULER –

La laiterie MULER à Messigny avait son entrée à l’angle de la rue Traversière » et de la rue « Maillot ». Chaque jour les camions partaient de bon matin pour les tournées de ramassage du lait, par exemple, sur Messigny, Vantoux, Saussy, Chaignay ,Marsannay le Bois, Epagny et Savigny le Sec. Pierre CORNU était l’un des chauffeurs. De retour à la laiterie, le lait, comme ce fut la règle sous l’occupation, était « ramené » à la densité de crème exigée. Après quoi il pouvait être livré dans les différents dépôts à Dijon et alentours, selon les contingentements prévus.

Nous avons là les parties visibles de cette laiterie. Mais, à partir de 1943, son activité allait se doubler de la partie invisible et pas n’importe laquelle. Cette collecte du lait allait conduire la laiterie MULER à des relations plus particulières avec la ferme de MORTIERE devenue un centre important de parachutages entre Chaignay et Villecomte. Dès lors il a été vite convenu de rapports orientés au service de la Résistance et de l’intérêt que présentaient les camions de laitiers.

Dans cette perspective, et pour tenter de faire face du mieux possible au danger, Gaston MULER décidera de faire installer un double plancher dans ses camions, par un ami sûr, garagiste dijonnais M. JOLY. Pas pour y planquer du beurre ou de la crème, non, mais des armes de guerre et munitions. Et c’est ainsi, pendant de longs mois avant la Libération, que quantité d’armes et munitions transiteront en provenance des parachutages vers des destinataires dans la nécessité d’être pourvus. Parfois même directement à destination de Résistants isolés, en vue d’une mission particulière à assumer. Pour Gaston MULER et Pierre CORNU ces pourvoyeurs « kamikazes », recevoir et livrer cet armement était devenu un combat naturel. Ils refusaient d’en considérer les risques et pourtant, là, dans l’éventualité de la découverte de ces transports d’armes et de munitions, ils n’avaient absolument aucune chance de s’en sortir. Ils ne l’ignoraient pas, mais refusaient d’entrevoir cette redoutable échéance. Ils l’ont fait, parfaitement, mais néanmoins, confieront-ils, avec un grand ouf de soulagement le jour venu de la Libération. On le comprend aisément.

Gaston MULER n’était pas homme très « causant », ne fréquentant aucun des sept cafés du village, toujours accaparé par sa laiterie, ses collectes ou livraisons de lait. Constamment il portait son tablier bleu (un d’ventail disaient les anciens) cordelette passée derrière le cou l’autre attachée à hauteur de la ceinture. Mais, pour lui, c’était surtout la vaste poche centrale qui présentait de l’intérêt. Comme Il y glissait tout : monnaie, billets, papiers, il lui suffisait d’y plonger la main !

Gaston MULER disparaitra hélas bien trop jeune, à 42 ans, en 1950. Avoir tant fait pour un retour à la Liberté et si peu en bénéficier c’était vraiment trop injuste. Cette terrible maladie n’allait pas manquer, avec lui, de secouer tout le village. Pierre CORNU quittera Messigny lors de la fermeture de la laiterie au tout début des années 1950.

LA VIGIE CITOYENNE.

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