La receveuse et le facteur, l’ami, le messager, porteur des bonnes et des mauvaises nouvelles …

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Marie et Victor Théophile COUTURIER (alors en tenue militaire). Théo, ainsi l’appelait-on, sera pendant de longues années facteur auxiliaire. il décèdera en 1974. Son épouse Marie, porteuse des télégrammes, décèdera en 1978. Albert leur fils, ancien militaire, deviendra facteur au village et leur petit-fils Michel occupera un poste de responsable au Centre de tri postal de Dijon. Autant dire une famille PTT, « Théo », grand « chiqueur, finira ses jours en se déplaçant complètement courbé, marqué par les durs labeurs et toutes les vicissitudes de l’époque..

Les P.T.T., les Receveurs et facteurs.

Eh oui !….avant et encore dans les années 1960, on disait couramment les P.T.T. (Poste-Télégraphe-Téléphone). Personne alors n’imaginait l’arrivée du portable et d’internet, entrainant à terme la disparition du télégramme et de la cabine téléphonique. Personne ne se serait alors aventuré à pronostiquer la fermeture éventuelle du bureau de poste local. Et pourtant, voyez où nous en sommes aujourd’hui ! Même le facteur ne connaît plus la notoriété qui était la sienne…ce n’est plus l’homme « attendu » qui apportait, avec sa présence amicale, les bonnes et parfois moins bonnes « nouvelles ». A son insu, la boîte aux lettres et l’auto l’ont écarté de la population. Non seulement le bureau de poste rendait de bons et loyaux services à toute une population, surtout rurale et ancienne, limitée dans ses déplacements, mais le facteur était l’homme providentiel, riche d’un élogieux prestige. C’était l’homme sur lequel on pouvait compter qui pouvait, dans le monde rural notamment, vous donner quelques infos et vous faire quelques commissions. C’était un fonctionnaire très populaire. Hélas le fil conducteur s’est rompu. Curieusement, malgré toutes les évolutions en matière de circulation : autos-trains- avions, la lettre qui nous arrivait le lendemain de son expédition, par un facteur à pied ou à bicyclette, ne vous parvient plus aussi ponctuellement et encore sous réserve d’un timbre spécifique, sinon !…On nous dit aujourd’hui … « le volume du courrier est en diminution »… oui mais, en plus du progrès, on a tout fait pour l’écarter ! La meilleure preuve, les deux tarifs !

A Messigny, dans les années 30, la « receveuse »Emilie MONTIGNY était installée au n°22 de la place de l’église. Elle fut remplacée en 1939 par Charles MOUGENOT qui occupera le poste jusqu’en 1945. Mademoiselle CHARPENTIER lui succèdera en 1957 date de sa retraite, elle sera remplacée pendant 9 ans par M. MOURLIN. Le 6 Octobre 1966 arrivera M. DEVELLE qui tiendra ce poste pendant 15 ans, étant remplacé le 5 Janvier 1982 par M. Alain VIARD qui prendra sa retraite à Messigny en 2002. M. Serge LECLERC sera installé à ce poste jusqu’en 2005 date à laquelle il rejoindra une autre affectation. Depuis, hélas, de sérieuses menaces « plombent »le bureau de Poste de Messigny et Vantoux. Aujourd’hui devenu plus une agence postale qu’un bureau. L’ouverture au public est limitée à 4 jours par semaine et l’après midi seulement. Là aussi, la politique du fric compte plus que le service public. L’Etat n’est plus au service du citoyen, c’est le citoyen qui doit dorénavant s’incliner devant la mise en sommeil progressive des services publics. Et là; à l’instar d’autres services, ce sont surtout les ruraux qui trinquent, victimes de services privés en recherche du profit.

La localisation de notre bureau des P.T.T. aura changé De l’arrière de l’église il passera en contre bas, de l’autre côté de la route nationale, le 30 Janvier 1940. Puis partira rue des écoles, au n° 6 bis le 16 Mai 1978.

Qui se souvient encore du facteur, enveloppé l’hiver dans sa grande pèlerine avec son énorme sacoche porteuse des lettres et journaux. Il allait d’un bon pas, frappant à la porte des maisons pour y remettre ce que le contenu de sa sacoche lui dictait. Avant les années 1950 la boite aux lettres n’était pas exigée. Quelques mots sur le temps, la santé, les infos avant de s’éloigner alertement pour poursuivre et terminer sa « tournée ». C’était l’homme attendu qui devait se prémunir de toutes les offres de boisson. Un métier compliqué pour éviter de déplaire, tant ce n’est pas facile de refuser constamment… ! Du fin fond des bois, comme des fermes isolées, grâce au facteur, ces citoyens restaient reliés à la société.

Messigny et Vantoux connaitront comme facteurs: Emile BAUDRY-Louis PAIN-Eugène COTTET- Marcel MARANDE- Albert COUTURIER de cette époque révolue du facteur à pied. Le bureau des P.T.T. de Messigny desservait bien entendu le village mais également avec ses facteurs :Vantoux- Asnières- Savigny le Sec-Epagny- Marsannay le Bois- Sainte Foy- Curtil St Seine et Saussy, y compris toutes les fermes isolées, baraques de bûcherons, etc.. . Dans les années 1930/1940 Théophile COUTURIER avait été affecté comme facteur auxiliaire pour effectuer les remplacements. Son épouse Marie était alors, pour les deux communes de Messigny et Vantoux la « porteuse » de télégrammes. Tâche ingrate, le télégramme étant souvent porteur de mauvaises nouvelles.

Depuis 1990 l’administration des P.T.T. une et indivisible a été transformée en Etablissement Public Industriel et Commercial. En quelques années de profonds changements sont intervenus, sous la pression d’une technologie en pleine évolution et d’un secteur privé glouton. Téléphone et télégramme ayant été découplés du secteur postal, des services privés se sont installés dans une concurrence sauvage, avec des tarifs élevés, sans que l’usager y retrouve son compte. Devenu trop esseulé et fragile, le service postal, ex PTT, a vu son quadrillage remis en cause et sa présence rurale fortement menacée. On voit même aujourd’hui des colis, arrivés à l’agence postale et non réclamés dans les 15 jours, faute d’en avoir avisé le destinataire, repartir chez l’expéditeur. Réponse du service postal: c’est à vous de suivre votre colis ! Où va-t-on ?…

Comme ils sont loin nos facteurs d’antan, à pied ou à vélo ! Eux qui savaient se transformer occasionnellement en coursiers auprès du boulanger, de l’épicier, voire auprès du docteur ou l’alerter, pour rendre service aux personnes âgées comme aux habitants des fermes isolées. On a coutume de dire « on n’arrête pas le progrès » certes, mais peut-on appeler ça le progrès ? Financier oui, mais social surtout pas !

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Ce qui aura été le dernier bureau des P.T.T. de Messigny et Vantoux, inauguré en 1978

G. BALLIOT

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