Les agriculteurs de Messigny et Vantoux …

5 Juin 2019-Le battoir 003

-Quel contraste avec les années 1930, la batteuse est installée, c’est l’heure du casse-croûte. A terre, quelques bouteilles de vin, sur un linge le casse-croûte ! On remarquera que la précaution a été prise d’approcher un tonneau d’eau sur un chariot, en vue d’éliminer la poussière sur les visages et les mains. On observe que plus de 12 hommes étaient nécessaires pour servir la batteuse et la machine à vapeur qui l’actionnait. Machine à vapeur impressionnante avec ses énormes poulies et toutes les courroies extrêmement dangereuses. De gauche à droite :2 ème : Eugène MESSE- 4ème : Emile POINSARD- 5 ème : Eugène TISSIER- 6 ème : Hippolyte ALLARD – 7 ème : Gustave BONNAIRE- 12 ème Léon PEGUILLAT- 13ème et dernier Georges BARON.

Dans les années 1930, on pouvait compter 17 fermes exploitées sur les territoires de Messigny et Vantoux :

3- en montant sur Saussy : ROCHAT à la ferme de la Brosse, FEURPRIER à la ferme de la Mansenne, GAY à la ferme du Chêne.

2 -dans la vallée du Suzon : BLANOT à la ferme du Rosoir, RUINET à la ferme du Petit-Moulin

1- sur le plateau de Grandchamps : GRENOT

3 -sur Vantoux : la ferme du Château, SOUPEY et BOIS au village et THIVENT à la Maladière.

7- au village de Messigny : MULLER-MEURET-ALLARD-TISSIER-JAVEL- COUTURIER et COGNIARD qui était alors rue Maillot.

En fin dles années 1950, il en restait encore 13, après disparition des fermes ROCHAT- GAY-BLANOT – SOUPEY et BOIS alors que la ferme DESCHEPPER s’était installée rue des Ecoles. Dans le village deux modifications à noter : BEURTHRET remplace JAVEL et COGNIARD viendra s’installer entre la Grande Rue et la rue du Moulin.

En 2010 il n’en reste plus que 8  : FEURPRIER-LEPRÊTRE- la ferme du Chateau- BARON-COGNIARD-MULLER-BEURTHERET-COUTURIER. Face aux investissements en engins agricoles modernes ,« dévoreurs » de grandes surfaces, les petites exploitations n’étaient plus en mesure de poursuivre. Alors que pour d’autres, à l’inverse pour faire face, la nécessité de s’agrandir s’imposait.

Bien que très traditionaliste dans ses origines le monde paysan a vécu, après la Libération, une véritable « révolution » du métier, entraînant celle des mentalités. Les agriculteurs vont être ceux qui se tourneront le plus vers le progrès, vers la mécanisation avec l’acceptation, incroyable encore la veille, de perdre parfois en partie la terre de leurs ancêtres pour pouvoir remembrer. Ils vont accepter d’emprunter pour s’équiper et iront même souvent jusqu’à la suppression du bétail afin de pouvoir vivre libre le dimanche et les jours fériés. Souvent ils partiront même en vacances, y compris hors de l’hexagone !

Quel retournement !…hier pour les labours la charrue à un fer avec deux chevaux quand ce n’était pas deux bœufs pour la tirer. Aujourd’hui une charrue à 5 fers tirée par un tracteur. Hier la faux ou une modeste faucheuse pour faire les moissons. Aujourd’hui une moissonneuse batteuse, avec cabine climatisée, radio à bord, et surtout une coupe de 6 mètres et plus. Là où il fallait 1 mois pour faire la moisson, plus les délais de battage, aujourd’hui 15 jours avec le grain livré, et de surcroît en quantité incomparable.

Les tracteurs sont de plus en plus puissants et la coupe de la moissonneuse batteuse a pris des dimensions surprenantes. Les coopératives agricoles ont été conduites à s’adapter en installant des silos à grains, « ciblés » au mieux sur les territoires pour recevoir toutes les récoltes en un minimum de temps. Quand on a souvenir qu’hier, autour de la batteuse, s’activaient pour le moins une dizaine d’hommes pour approcher les bottes, couper les ficelles, engrener, dégager la paille, faire la « tisse », s’occuper des sacs et tout cela, pour chaque ferme, pendant plusieurs jours. Franchement on croit rêver !

Par contre, le monde paysan qui avait la fâcheuse réputation de ne pas aimer   « sortir ses sous », est aujourd’hui placé dans une situation diamétralement opposée. Lui qui n’aimait pas les financiers est aujourd’hui contraint de traiter avec eux…Là aussi, pour ce monde, c’est un important changement des mentalités.

Si l’on doit s’en remettre aux déclarations des uns et des autres, toutes ces évolutions, pour autant, ne lui ont pas apporté le bonheur. Loin s’en faut ! N’est-il pas dorénavant constamment soumis à l’attente des financements européens et autres. Aujourd’hui les récoltes, sous rémunérées, conduisent par ailleurs à des traitements extrêmement coûteux pour tenter, en compensation, d’améliorer les rendements. Mais là nous entrons dans un cercle vicieux tant la qualité des récoltes devient hélas de plus en plus douteuse. C’est tellement vrai que l’on a mis en place la culture parallèle dite « Bio » ! Preuve affichée de ce qui précède ! Tout ça, sans oublier les eaux dénaturées et dangereuses, du genre « atrazine », que l’on connaît bien maintenant sur nos terres communales.

C’est quand le bonheur …Dis, c’est quand ?

2496

Même en pleine pente, avec le village de Messigny et Vantoux pour décor, la moissonneuse batteuse assume son travail. 

G. BALLIOT

LA VIGIE CITOYENNE.

Cet article a été publié dans Messigny et Vantoux. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s