Les Cafetiers de Messigny …

cartes postales J.MARTIN 033

Les deux photos de cartes postales ci-dessous sont extraites de la collection de notre regretté ami Jacky MARTIN

-L’Hôtel du Lion d’Or– Alors tenu par Jules PAXION vers 1910. Cette photo est révélatrice de la vie d’alors : les rues avec caniveaux, les arbustes décoratifs, les toilettes des dames et des messieurs et la super auto de l’époque. A noter que le papa de Jacky MARTIN a tenu ce café pendant et après l’occupation. Après la Libération et le retour de la chasse au bois, ce café deviendra un lieu de rendez vous pour un très grand nombre de chasseurs, chaque samedi et dimanche, dès le petit jour, d’Octobre à fin Février.

Les Cafetiers

S’il est un point où Messigny se distinguait, par rapport aux autres villages alentours, c’est bien sur le nombre important des cafés. Avant 1939, Messigny avec Vantoux comptaient environ 450 habitants. Et on ne dénombrait pas moins de 6 cafés à Messigny et une buvette à Vantoux. C’est dire si ces lieux de « débauche », comme appelés par certains, ne manquaient pas. Et particulièrement, quatre autour de l’église !…

Aujourd’hui on dit «cafetiers » là où se disaient encore quelques décennies plus tôt : « taverniers », « cabaretiers », « limonadiers », «  tenanciers » voire « bistrote » parlant d’une femme tenant un café. Ces dénominations étaient alors le reflet de toute une imagerie populaire, surtout en milieu rural.

A l’actuel n° 23 de la Grande Rue vous aviez « le Casque d’Or » ainsi dénommé d’autorité par la rumeur publique, en raison de la blonde et opulente chevelure de sa tenancière. Puis le café « Godin », ruelle Brisée, plus malicieusement appelé « Les 6 Fesses » tenu par madame et deux de ses filles. Ainsi allait très naturellement la verve des anciens… ! Tout le monde en souriait et personne ne s’en offusquait. Ces deux cafés : « Casque d’Or » et « 6 Fesses » allaient fermer peu après la Libération.

En remontant la Grande Rue à gauche on trouvait, existant toujours, « Le Lion d’Or » et à droite « l’Hôtel de Jouvence ». Après « l’Hôtel de Jouvence » et un porche plus haut, nous avions «  Le Café de la Place » puis après la route de Savigny, la boulangerie et la Mairie : « le café des Tilleuls » Autant dire 4 cafés très proches les uns des autres. « Le café de la Place » tenu par madame Mathilde MICHEL jusqu’à la Libération et repris par le coiffeur François DECAMP et sa sœur Simone allait fermer définitivement le 1er juillet 1957. Le café restaurant «  Hôtel de Jouvence » tenu par Achille ROUSSELET et son épouse jusqu’en 1954 était repris par Fernand PENNEQUIN entrepreneur, puis mis en location à plusieurs reprises pour finalement fermer, acquis par un bâtisseur. Lequel l’a complètement transformé en logements en 1998, le rez-de-chaussée étant réservé à des activités artisanales.

De nos jours il ne reste donc plus que deux cafés : «Le  Lion d’Or » et « Les Tilleuls ». On peut même dire qu’il ne reste plus que « Le Lion d’Or » lequel assure également une excellente restauration, disons populaire, initiée par M. et Mme Bruno BASSI. Poursuivie par M. et Mme Christian LACROIX puis par M. et Mme Frédéric JOLY. Alors que « les Tilleuls », avec l’arrivée d’Alain RAPHA et son épouse, s’écarteront de la notion café pour s’orienter vers une restauration de classe qui leur réussira d’ailleurs merveilleusement bien, attirant une forte clientèle. A Vantoux, la buvette s’est fermée peu après la Libération.. Ainsi Messigny et Vantoux est passé de 7 à 1 café. Reste à souhaiter qu’il puisse survivre, car un village sans café devient rapidement un village autant dire : « mort » ! Radio et surtout télévision auront porté un rude coup à ces lieux de réunions du peuple masculin. Et puis, avec le temps, les modes de vie ont totalement changé. Ainsi le comportement des populations a beaucoup évolué, en milieu rural surtout, avec la conquête automobile.

Quoiqu’il en soit à Messigny et Vantoux comme ailleurs, les cafés n’avaient pas et n’ont toujours pas, à priori, une bonne réputation. Alors que BALZAC en parlait comme étant « le salon du pauvre », BERNANOS, y voyait «  le prolétaire qui s’empoisonne chez le bistrot » Il y a toujours eu les «  anti-bistrots ». En l’absence de radio ou télévision dans les foyers, c’était un lieu privilégié de rencontres, de convivialité, où se commentaient les nouvelles qu’elles soient locales, régionales ou nationales. C’était un milieu où se traitaient les affaires, et encore aujourd’hui ! C’est un lieu de rencontre ou de repos, que l’on partage entre amis. Mais ce n’est pas, loin de là, le lieu de débauche dénoncé par ses farouches détracteurs. D’ailleurs, trinquer avec des amis n’est-ce pas préférable au besoin d’alcool en solitaire. Se retrouver entre amis autour d’une table de « bistrot » est une distraction toujours enrichissante, alors que seul dans sa cave, face à sa bouteille, devient un fâcheux penchant. De ces deux situations laquelle verse le plus vers l’alcoolisme, selon vous ?…Oui, le « bistrot » était et reste un lieu de convivialité, de confrontation d’idées, un lieu où se cultive l’esprit de société. Mais c’était surtout hier un lieu de rencontre pour savourer les plaisanteries lancées ici et là et aussi pour jouer aux cartes entre amis, que ce soit la belotte ou le tarot. Non, il n’était pas que «  le Vieux port » pour « taper le carton» en se « fendant le cœur ». Par contre il en fallait de la patience au « tenancier » du lieu pour supporter certains clients jamais pressés de partir. C’était souvent le cas des bûcherons qui « baraquaient   en forêt », ne venant au village qu’une ou deux fois la semaine pour le ravitaillement. Ils trouvaient là : le réconfort, la chaleur et la lumière, alors ils en abusaient un peu !

De nos jours et peut-être même plus qu’hier, contrairement à certaines idées reçues, les cafés ont un grand rôle social à jouer, face à l’individualisme envahissant dans lequel tombe notre société. Bien évidemment qu’il peut y avoir des abus mais c’est loin d’être la règle. D’ailleurs, si l’on remarque aisément l’homme qui a bu on ne voit jamais celui qui a soif. Les anciens ne se privaient pas non plus de « dauber » sur tel ou tel qui avait l’oreille fine étant appelé pour boire un verre, mais devenant sourd sollicité pour payer à boire. A observer également, n’est ce pas étrange, que quelques mois avant un renouvellement de conseil municipal certains, hier allergiques au bistrot, en franchissent alors la porte. Bizarre !… Vous avez dit bizarre !

cartes postales J.MARTIN 028Georges BALLIOT

L’Hôtel de Jouvence– Cet hôtel aura toujours été réputé pour la qualité de sa restauration. Dans les années 1930 des familles dijonnaises et parisiennes venaient y passer quelques jours de vacances. Il faut dire qu’une telle enseigne était de nature à capter la clientèle. A noter que dans la lignée des tenanciers on relève le nom d’Emile MONTIGNY qui deviendra maire pendant 28 ans. Il se distinguera pendant l’occupation face à l’envahisseur et prendra d’énormes risques pour protéger « le Groupe FFI CHOUMETTE ». Emile MONTIGNY que l’actuel maire refuse obstinément d’honorer, dédaignant même de répondre au Président départemental de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance.

LA VIGIE CITOYENNE.

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