Les anciens d’chez nous…

.qu’est-ce qu’on les aimait bien !...

Jusque dans les années 195O, MESSIGNY et VANTOUX a compté en ses murs des personnages, chacun dans son genre «  haut en couleur »…A leurs manières ils étaient « les vedettes du village ». Pas un seul jour sans qu’une nouvelle aventure, de l’un ou de l’autre, ne vienne nous surprendre !…

Nous avions particulièrement, la Titine , l’Polyte , l’Gustave ou encore l’père MIDANT, l’Jules GRANDCHAMP, l’père LOMBARD, l’père GAUSSOT, l’Claude BLANOT, l’père BAUDRY, l’père COUTURIER, l’Charles MIELLE, l’Henri GARRAU, l’Noré et bien d’autres encore ! Je donne là une litanie de noms ou surnoms tels qu’ils étaient alors couramment cités, en toute amitié. C’était une amicale façon de parler d‘eux.

L’Polyte ALLARD, homme respecté de tous, était bien connu pour ses «  neuvaines » de détente dont il se flattait. C’était sa manière à lui de prendre, de temps à autre, des « congés » mérités, loin du pénible labeur des champs. Un homme « baraqué » qui aimait parler de son travail, de ses chevaux, de son service militaire. L’Polyte c’était l’homme qui, un peu vicieusement, devant un inconnu qui se vantait trop, savait l’interpeler brutalement « parles nous donc voir un peu du pommeau et du trusquin ?». Désarmé par la méconnaissance du sujet, l’interpelé se défilait aussitôt. C’était d’une efficacité extraordinaire, ah ce brave Polyte. Lui qui a conduit tant et tant d’amis au cimetière, dans un corbillard toujours bien « briqué », tiré par un cheval qui avait compris la mission qui lui était confiée. Un cheval qui devenait alors majestueux, comme fier dans le respect de la tâche qui l’attendait.

L’ Gustave  était homme si généreux, qu’il pouvait tout promettre, même ce qu’il savait ne pouvoir tenir. C’était sa joyeuse manière à lui de s’amuser des candides qu’il prenait dans le filet de ses « menteries ». Un jour, à un promeneur qui cherchait des noix, il proposa un rendez-vous au café pour lui en fournir. Mais Gustave, fier de sa farce, se donna bien garde de le rejoindre, alors que cet homme, convaincu et plein d’espoirs, attendra en vain jusque tard le soir. Gustave, ce fut aussi cet homme qui prendra le risque d’héberger chez lui, près d’Arnay le Duc, Gaston GUIGNOT réfractaire au S.T.O. Une preuve qu’il savait manier la plaisanterie tout en restant foncièrement extrêmement sérieux.

L’père MIDANT… lui, c’était l’homme amoureux, il adorait conter ses fredaines, surtout celles qu’il s’était inventées! L’âge, sur lui, n’avait pas de prise, si l’on s’en référait à ses amours contés ou vécus. Sa belle déménageait ?…qu’importe disait-il. « Elle reviendra ou j’en trouverai une autre ». Quelle santé !…

L’ père BAUDRY, ancien facteur, n’appréciait pas que l’on parle de ses aventures de tournées. Par contre, avec ses réparties de corps de garde, il adorait « dauber »  sur les femmes. Oh, ce n’était pas dit par méchanceté, pas du tout ! Pour lui une simple plaisanterie. Mais c’était souvent choquant et peu apprécié. Ce qui ne l’empêchait nullement de recommencer. 

L’père COUTURIER (l’Théo) un très respectable  « manouvrier » était par ailleurs facteur auxiliaire. Il avait tant et tant courbé l’échine dans les vignes, les champs de betteraves ou ailleurs, que ses vieux jours venus, il se déplaçait complètement incliné, la tête à peine plus haute que le bassin. C’était un très grand chiqueur. Entre 3 doigts il savait enrouler prestement une boulette de tabac gris, avant de la porter discrètement à sa bouche. Chiquer était encore assez courant à cette époque là. Mais personne ne s’aventurait à lui confier son paquet de tabac, car alors la pincée était sévère.

L’Charles MIELLE, c’était le roi des histoires drôles, il en avait toujours deux ou trois nouvelles à vous raconter. Il y en avait de mignonnes, d’autres qui l’étaient moins. Surtout il fallait rire, sinon il n’aimait pas et s’en offusquait avec éclats!

L’Henri GARRAU se distinguait par son patois bégayant. Pour lui, un ver blanc, c’était un « q..q..q.. quetria ».D’où tenait-il un tel patois, allez savoir ! Qui pouvait imaginer un ver blanc, affublé d’un nom pareil, surtout bégayé… !

L’Noré c’était le vacher local, grand, légèrement courbé en avant, surtout pas le simple d’esprit qu’il laissait paraître. Dans son langage, il y avait toujours des réparties savoureuses. Gardant les vaches il chantonnait tout le temps, ou alors bavardait seul. Sa manière à lui de se « tenir compagnie » pour évacuer l’ennui. Quel brave Noré !

Il y avait l’Claude BLANOT. Alors lui c’était un peu le géant, ne quittant pas son logement en bord de route, sauf pour se rendre à pied « au Rosoir »… sa ferme. Il en revenait toujours en portant sur l’épaule, ou en les traînant, de longues perches de bois pour entretenir son feu. Le comble est que souvent il ne les sciait pas, alors elles sortaient dehors par la porte entrebâillée. C’était un homme extraordinaire qui s’était exclu lui-même de la société, ne parlant plus à personne. Sa sœur Mme GUILLEMIER, en résidence à Dijon venait le voir de temps à autre mais peu, tant il était devenu irascible même à son encontre. S’étant blessé à la jambe, à hauteur de la cheville, l’infection mal soignée avait beaucoup dégénéré, alors à la fontaine de l’hercule il allait la laver…Pour lui c’était chose normale, ne s’inquiétant nullement de ce qu’en pensait le voisinage.  Georges BALLIOT

à suivre…

LA VIGIE CITOYENNE.

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