Visite guidée à Messigny et Vantoux …

Promenade dans Messigny et Vantoux…….Durée de la visite : 1 heure. ( C. Kayser )

s2290003En venant de Dijon, situé à l’entrée du Val Suzon dit ‘la petite Suisse’, ce village attire l’attention à plus d’un titre. Nous vous invitons à nous suivre pour découvrir l’essentiel d’un contenu historique encore préservé de nos jours.

Messigny apparait pour la première fois en 869 sous la forme de ‘Missiniacus’, identifiant très certainement une villa gallo-romaine implantée dans un des méandres de la rivière Suzon quelque part à hauteur du N°10 de la rue de la Maladière.

Au N° 39, de cette rue se situait une ‘maladrerie’ (Moyen-Age) dont il ne reste que la cave. Poursuivons notre parcours en direction du centre du village. A notre droite, à l’angle de la petite route de Norges, trône la statue du Dieu de Pitié ou Christ aux poings liés.1167

La mention « N.Ruelle et M.Contosset 1802 » atteste le fait que ces donateurs ont contribué à la restauration de cette statue. Un peu plus loin, au N° 25 de la Grande Rue, la maison Chaussenot, inventeur d’un gaz de résine dont la démonstration utilitaire à été réalisée le 19 mars 1828 à Dijon.

Signalons au passage la Vierge des Voyageurs œuvre du sculpteur Charles Jacob, dans la façade du N° 18 de la Grande Rue. Un peu plus haut, le café du Lion d’Or datant du XVII° siècle nous ouvre la porte de la place de l’église. Le regard porte sur notre droite ou se situe la tour seigneuriale, résidence du ‘chambrier’ de l’abbaye de Saint-Bénigne considéré, dès le XIII° siècle comme le seigneur de Messigny. En face de nous au pied de la place, la statue de l’Hercule posée depuis 1829 attire l’attention par sa forme particulièrement lourde et musclée. Hercule se repose, sans doute, de ses travaux en se souvenant avec orgueil « du droagon qu’el éclafouri et du lion qu’el étoufi ! ».

Dirigeons-nous vers l’église en saluant sur notre gauche le monument érigé en mémoire des violents combats du 21 janvier 1871 qui mirent aux prises, dans les rues de Messigny, les très jeunes combattants Garibaldiens des ‘Enfants de la Montagne’ aux troupes prussiennes du Major Conta. A quelques pas, le monument aux Morts des deux Guerres Mondiales, situé devant le porche de l’église. Inauguré en 1923, il porte les noms des enfants de Messigny et de Vantoux « Morts pour la France ». Il manque juste le nom de Roger Lignier décédé le 15 septembre 1914 à Abbeville. Oubli de l’histoire ?

L’église, placée sous la protection de Saint Vallier apparaît dès le IX° siècle. Cette église mérite une attention particulière quant à son contenu : les dalles funéraires des Comtes de Saulx-Vantoux, les panneaux de la chaire à prêcher provenant certainement d’un retable du XV° siècle, Ste Anne et la Vierge, groupe en pierre polychromé datant de la même époque, le retable du grand autel (XVIII° s.), les dalles de pierre de cette église ou reposent des personnages illustres, etc….

s1780005Sur le haut de la place, la Grande Fontaine dispensait dès 1830 l’eau dans le village. Ce projet a été initié par le commandant Henri Fremiet, né à Messigny en 1780. Grièvement blessé le 28 février 1812 à Mont-Serrat (Espagne) « Mes plus grandes souffrances étaient la soif, je promis si je m’en tirais d’amener l’eau de la fontaine de Jouvence à Messigny ». Maire de 1826 à 1830, il mit à exécution son vœu dotant également le village d’un abreuvoir au pied de l’Hercule, d’une fontaine à l’entrée de l’impasse éponyme, du Lavoir (1830) et de plusieurs autres points d’eau disparus depuis. Depuis le temps a passé, cet officier aux brillants états de service n’a jamais eu la reconnaissance de ses concitoyens pour son geste altruiste ne serait-ce que par une simple plaque sur la Grande Fontaine ou une rue à son nom. Sa maison est visible au N°1 de la rue des Lavières.

Au N° 18, place de l’église, l’élégante propriété (1636) d’Humbert Lucot, écuyer, conseiller du Roi nous propose une très belle façade.

Remontons la rue des écoles, au N°10, la maison de Pierre Joly, Trésorier Général de France, construite en 1679, est plus connue sous le nom de maison Claude Hoin, artiste peintre dijonnais qui n’en a été que le locataire. A hauteur du N°11, on peut admirer un ex-voto d’une très grande finesse d’exécution, remarquablement conservé. Ce bas-relief dédié à St Hubert est daté de 1630.

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Quittons maintenant le village de Messigny proprement dit pour rallier le hameau de Vantoux, fusionné en 1972 avec ce dernier. Un coup d’œil en passant rue du Stade où l’ancienne gare (N°4) dénote par son style au milieu des autres constructions. Bâtiment intact dans sa structure il rappelle l’existence du tramway départemental reliant Dijon à Saint-Seine l’Abbaye.

Vantoux mérite une mention particulière. Le château en est la pièce maîtresse. Coquet édifice du XVIII° siècle, il est construit sur l’emplacement d’une maison-forte citée en 1330 sous Eudes de Saulx. En 1699, Jean II de Berbisey, conseiller du Roi et président du Parlement de Bourgogne se lança dans la construction de cet édifice tel que nous le découvrons aujourd’hui. Cette construction est attribuée à Jules Hardouin-Mansart et le jardin à André Le Nôtre. Comme tout château ou presque, il s’appuie sur un souterrain au parcours secret et est doté d’une ‘glacière’ remarquablement conservée.

Bien d’autres curiosités se cachent dans les murs du vieux village de Messigny et dans ceux du hameau de Vantoux, dont les anciennes limites sont signalées par des calvaires eux aussi chargés d’histoire. Un œil attentif les découvrira aisément.

Quittons maintenant les lieux pour nous diriger vers Val Suzon. Sur notre droite un spectaculaire éperon rocheux doté d’une poterne d’accès naturelle précède une plate-forme de 21 ha. L’occupation de ce site remonterait à l’âge de fer (700 à 450 avant J-C). C’est aux Gaulois que nous devons les premières fortifications. Deux retranchements sont encore parfaitement visibles ainsi que le chemin des chars. La fontaine aux Merles, située au nord du plateau, ne tarit pratiquement jamais.

A quelques 4 km, un parc magnifique accueille le promeneur. De toutes les sources et captages de la vallée, la fontaine de Jouvence joue parfois son ‘petit Versailles’ par sa cascade en miniature, où la mousse brode le tuf, mêlant sa voix argentine aux symphonies de la forêt… Si cette eau à la propriété de rajeunir les ‘buveurs’, celle de la fontaine de Baise-Mamie située à quelques pas recueille les serments d’Amour et en cas de nécessité réconcilie les cœurs désunis. Cette forêt propose également au promeneur une flore et une faune très riche pour qui sait observer.

Ces deux sites sont évidemment chargés d’histoire. Au travers de ces quelques lignes nous espérons vous avoir donné l’envie de vous arrêter quelques instants dans nos murs et d’aller à la rencontre des ‘anciens’, les Glorious de Messigny et les Coucous de Vantoux.

Références: Messigny, son histoire à travers le passé – A.V Chapuis – 1907.

Messigny et Vantoux : 21 janvier 1871 – 8 septembre 1944 – C.Kayser – 1982.

Messigny et Vantoux, Il était une fois 1900 – C.Kayser – 1983.

Le château de Vantoux et son village – C.Kayser – 1996.

Messigny et Vanbtoux, Contes et Légendes oubliés – C.Kayser – 1997.

Messigny et Vantoux ‘Au file des siècles’– C.Kayser, G.Balliot, J.Martin – 2000.

Notre Devoir de Mémoire – 1939-1945 – C.Kayser , G.Balliot – 2005.

Archives communales – Classement de sauvegarde C.Kayser – 1970-1971.

LA VIGIE CITOYENNE.

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