Le serment des conscrits de Messigny le dimanche 23 avril 1911….

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C KAYSER dit :

« Nous jurons solennellement et librement de faire tous nos efforts pour devenir des soldats habiles, vigoureux, intrépides ; de conserver intact en nos cœurs l’amour de la France, le culte de l’armée, le dévouement au drapeau. Nous jurons enfin, si la France était envahie ou si nous étions appelé à la défendre en terres lointaines de faire le sacrifice de notre vie pour sauver l’honneur de la patrie ».

Il serait fastidieux de traduire en quelques lignes la présence de ce monument représentant une page tragique de l’histoire de Messigny et Vantoux au cours de la journée du 18 janvier 1871. Cette page s’inscrit dans la bataille de Dijon qui mit aux prises les Prussiens du général Zastrow et l’armée hétéroclite de Giuseppe Garibaldi. Ainsi, le 21 janvier 1871 à 9 heures, les 330 hommes des ‘Enfants perdus de la Montagne’ (savoyards de 16 à 19 ans) prennent la relève de la Garde Nationale au cœur du village. Vers 11 heures, les Prussiens du Major Conta venant de Savigny le Sec, abrités dans les bois des Lavières (rue éponyme) attaquent les Garibaldiens en même temps que les unités des Lieutenants Schultz et Freyer tentent d’encercler Messigny par le chemin de Norges. Le combat est d’une violence inouïe entre les jeunes Garibaldiens et les troupes aguerries de l’envahisseur. A 13 heures Riciotti Garibaldi arrive à la rescousse à la tête de 600 francs tireurs des ‘Chasseurs des Alpes, de l’Aveyron et du Mont-Blanc’. Près de 1000 hommes s’entretuent au cœur du village dans la plus grande pagaïe. A la tombée de la nuit le bilan est lourd. Côté Prussiens : 46 tués, 131 hommes hors de combat, 42 prisonniers, 12 disparus. Côté Garibaldiens : 20 tués, 80 hors de combat.

L’actuel monument exécuté par le ciseau de Louis Courte n’est pas celui prévu à l’origine par le Comité des Survivants de la 4° Brigade. En effet, la municipalité de Messigny avait refusé dès 1908, un emplacement parce que « le Chasseur des Alpes qui doit surmonter le monument porte ‘un chapeau’ et des ‘bottes’ emblèmes séditieux et nuisibles à la moralité des futurs citoyens ». Après d’âpres discussions la statue du « Chasseur des Alpes » est modifiée « le militaire n’a plus de barbe au menton, il ne reste que la moustache ; au lieu du chapeau il est coiffé d’un képi ; les bottes sont remplacées par des souliers et des guêtres ». L’attitude de la municipalité provoqua un conflit larvé entre partisans et adversaires des Garibaldiens en d’autres termes entre ‘républicains’ et ‘cléricaux’. L’histoire ne devait pas s’arrêter là il restait à positionner le monument initialement prévu à l’emplacement de l’actuel Monuments aux Morts des deux Guerres Mondiales. Après bien des échanges houleux entre les deux clans le monument est inauguré le dimanche 10 juillet 1910 entouré pour la circonstance d’une foule nombreuse toutes tendances politico-religieuses confondues….en apparence seulement. Le contenu de certains discours fort nombreux ne manqua pas de piquant et de sous-entendus. La presse régionale ‘Le Progrès’, Le Petit Bourguignon’, ‘Le Bien Public’, ‘le Rappel Socialiste’ ouvrirent largement leurs pages à cette affaire. Aujourd’hui, le ‘Mobile’ de 1871 monte la garde tout en surveillant la plaine dijonnaise dans l’attente d’un hypothétique ennemi…..

p1040113.jpgLA VIGIE CITOYENNE.

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