La complainte de l’abbé Thibert …

Il alla même jusqu’à écrire une complainte très significative de ses sentiments:
UN ERSATZ DE PARIS
Vous avez pris Paris et dans la capitale
Vous avez promené vos uniformes verts
Mais vous n’aurez pas eu Paris où s’étale
Tout ce qui fait de lui l’amant de l’univers

Vous n’aurez pas eu notre ville lumière
Brillant de ses mille feux dans un ciel étoilé
Et vous n’aurez connu qu’une rose trémière
Aux pétales de feu soudain étiolée

Vous n’aurez pas connu la belle Parisienne
Donnant le diapason à la mode du jour
Elle a bien conservé son élégance ancienne
Mais un je ne sais quoi manque dans ses atours

Vous n’aurez pas connu les bobards de gavroche
Du titi parigot pas méchant pour un sou
Ils restent entassés au fond de leur sacoche
Pour n’en sortir qu’au jour où nous serons chez nous

Vous n’aurez pas connu s’échappant des guinguettes
Le refrain qui faisait pleurer Mimi Pinson
Si l’harmonie s’est tue c’est que la midinette
Dans son coeur endeuillé fait taire sa chanson

Vous avez pris Paris vous avez pris ses femmes
Qui moyennant vos marks se vendent pour un jour
Mais vous n’avez pas eu la femme qui se pâme
Dans des bras caressants en un élan d’amour

Vous aurez pris Paris, cela peut-il suffire
Sans que l’on n’ait conquis son coeur et son esprit
Car vous n’avez pas eu sa joie et son sourire
Et vous n’aurez connu qu’un Ersatz de Paris

Ainsi était l’abbé THIBERT, au plus près de sa mission, attaché au patriotisme, toujours très au service de tous ses paroissiens. La 14 Juillet 1943 un petit cortège s’étant constitué pour aller aux monuments aux morts, malgré les interdits de l’occupant, l’abbé THIBERT en prendra la tête, le drapeau à la main. Dans ce cortège quelques réfractaires qu’il n’avait pas hésité à héberger en l’attente d’autres solutions. Des actions que quelques uns de ses paroissiens ne pouvaient plus supporter.
Lors des communions solennelles de 1943 l’Abbé THIBERT ayant été invité au repas dans une famille de Vantoux aurait connu ensuite, lors de la cérémonie religieuse de l’après midi, quelques difficultés. Ce fut quelques mois plus tard le « prétexte » qui sera utilisé par certains paroissiens demandant d’en être débarrassé lors de démarches auprès de l’évêché. Ayant obtenu une audience de l’ Evêque d’autres paroissiens viendront plaider la cause d’Antonin THIBERT. Peine perdue, quelques mois plus tard il sera muté à Nesle et Massout dans le Chatillonnais.
Bien entendu ce n’était pas le prétendu écart des communions de 1943 que les plaignants voulaient voir sanctionner…mais bel et bien les convictions de ce RESISTANT qu’ils ne pouvaient plus supporter… »…Quoi, un prêtre qui se permet de porter le drapeau en tête du cortège du 14 Juillet 1943, mais où va-t-on… » Tel était le refrain!
Oui, on en était arrivé jusque là à Messigny, pendant l’occupation. L’Tonin aura sans aucun doute beaucoup souffert d’être ainsi éjecté du village qui était devenu le sien…
C’est bien pourquoi, même si vous n’avez pas connu ce prêtre, par respect pour tout ce qu’il a fait et apporté, gardez de lui son histoire en mémoire, s’il vous plait! Car cette histoire c’est une partie de l’histoire de notre village sous l’occupation. Village où même le prêtre, il faut bien le savoir, aura été victime des collaborateurs du lieu.

 » on n’est heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner c’est recevoir « 

L’Abbé Pierre.

Georges Balliot

LA VIGIE CITOYENNE.

 

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