L’arrivée de l’eau à Messigny en 1829-30 grâce au Maire Henri Fremiet a bouleversé la vie de tout un village …

Aujourd’hui le 13 octobre 2018, à l’initiative du Souvenir Napoléonien de Côte d’Or avec l’accord du propriétaire de la maison d’Henri Fremiet, Messigny et Vantoux s’est honoré de son devoir de mémoire envers cet ancien Maire (1819-1821 ) bienfaiteur du village.

                       La plaque commémorative a été scellée au 4 rue des Lavière.

img_0827-e1539425346973.jpg

Ci-dessous, le portrait du Maire Henri Fremiet et les photos de deux mémoires du village.

L’arrivée de l’eau à Messigny en 1829-1830…une révolution rurale, un exploit précédant de quelques années le projet de l’ingénieur Darcy et de son adjoint Mr Arnollet ! A préciser que Monsieur Darcy a ignoré le projet du maire Henri Fremiet.

Ce projet de captage des eaux de Jouvence pour alimenter le village de Messigny a été conçu le 28 février 1812 aux pieds des remparts de Monserrrat (Espagne) lors du siège de la ville par les troupes de Napoléon. Le commandant Henri Fremiet grièvement blessé au cours de l’assaut tomba entre les remparts où il devait rester de quatre heures du matin à 21 heures « Mes plus grandes souffrances étaient la soif ; je promis, si je m’en tirais, d’amener la fontaine de Jouvence à Messigny.

Rentré au pays, cet officier des armées de Napoléon fut d’emblée rejeté par la municipalité d’Antoine Bourdon (1812-1819) mais très respecté par la population. En .effet, après 25 ans d’absence il rentre au pays porteur d’un éloquent état des services ’46 ans, 2 mois et 22 jours’ toutes campagnes confondues. D’emblée il se situa dans la catégorie sociale de la bourgeoisie aisée. Cependant la jalousie de certains de ses concitoyens allait lui mener la vie dure

Doté d’un caractère ‘rugueux’ cet homme par ailleurs très entreprenant proposa d’emblée l’ouverture d’une route Messigny – Moloy et son projet d’adduction d’eau. Projets rejetés par la municipalité du moment considérant la chose comme impossible. Ce fut le début d’un conflit larvé entre les « blancs » et les « rouges ». Pierre Fremyet, maire de 1819 à 1821 de même que Claude Ruelle maire de 1821-1826 opposèrent les mêmes refus.

Quand en 1826 Henri Fremiet nommé par le Préfet prit à son tour possession de la mairie il lança son projet et en 1830, trois fontaines alimentèrent le village : la Grande Fontaine sur la place, la fontaine de l’Hercule et le lavoir. Puis le réservoir (90 m3) de la ruelle au Pauvre où l’eau arrivait de Jouvence par gravitation.

Monsieur Fremiet n’était pas un gestionnaire encore moins un architecte il plaça sa confiance pour le développement de ce projet entre les mains de spécialistes. Mal lui en prit.

Les premières années tout fut parfait l’eau ruisselait dans les points d’eau du village. En 1840 l’eau coula de moins en moins au point qu’il fut nécessaire de revoir tout le réseau et c’est là, l’histoire se montre discrète sur ce sujet, que furent découvertes un certain nombre d’anomalies dans la conception de l’ouvrage !

Dès le départ il fut constaté que seulement un tiers de l’eau captée parvenait dans les fontaines de Messigny. Pour améliorer la situation la municipalité opta pour le captage du Gros Foyard avec un surcoût de 20.364 francs ! Cet apport ne se montrant pas satisfaisant une machine à compression fut implantée au pied de la Roche-Château. A partir de cet instant la situation s’avéra suffisante pour alimenter une population de quelques 400 âmes.

Le trajet de l’eau partait de la fontaine de Jouvence vers le bois Royal (actuel Rosoir) puis au pied de la Roche-Château pour gagner le réservoir de la ruelle au Pauvre. La te en fonte ou en fer selon l’endroit ( ?) était posée soit sous terre (0,90) soit sous les passages rocheux (0,25) soit encore à l’air libre comme dans le vallon. Tous les 100 mètres un robinet en cuivre permettait de contrôler le flux. Soit entre 92 et 99 robinets sur les 3.353 mètres de la conduite (19.911 francs).

A ces étonnants mariages de métaux on notera la pose de joints de raccordement des tubes en ciment au lieu de filasse, la mauvaise qualité de la fonte conduisant à des dilatations anormales sous les fortes chaleurs pour les conduits posés sur le sol provoquant une réaction chimique aggravante. En effet, le carbonate de chaux est tenu en dissolution par l’excès de gaz carbonique contenu dans l’eau de Jouvence, l’évaporation de cet excès précipite le carbonate de chaux d’où obstruction imparable de la conduite !

En 1840, tout le circuit était en grande partie obstrué par le calcaire des eaux sulfureuses mais surtout par les malfaçons connues mais tues par tout un chacun. Sous la municipalité de Jean François Capitain, la totalité de la conduite d’eau de 3.353 mètres fut remplacée. La maire eut droit à sa plaque commémorative ‘J.F. CAPITAIN,maire, 1860’.

Pour mémoire : les chantiers ont été conduits par les Forges et Fonderies de Muel Frères (Sionne – Vosges) et Jean Baptiste Fort, fontainier à Neufchâteau et Grappin, entrepreneur à Dijon.

Il convient de préciser qu’Henri Fremiet s’était attiré l’inimitié de Monsieur Darcy et pour cause !

Durant sa magistrature il conduisit les affaires communales ‘manu militari’ refusant les compromissions et autres petits arrangements! La paperasse administrative lui fut fatale et il se retrouva interné à la Conciergerie en 1831. Les notables du village ayant tout fait pour le discréditer. Le curé Bizouard ne fut pas en reste dans cet hallali…et son successeur l’abbé Ecoffet non plus ! Cette situation se compléta par son refus de faire allégeance au nouveau pouvoir. Le commandant Henri Fremiet demeura fidèle à Napoléon jusqu’à son dernier souffle (16 octobre 1859).

Durant son séjour à la Conciergerie il traduisit sa défense dans un ouvrage intitulé « Publication de M.Fremiet – ancien maire de Messigny ». Il fut finalement acquitté en avril 1832 et rétabli dans tous ses droits. De retour au village il constata que son pire adversaire Jean-Baptiste Courtois qui lui avait succédé à la mairie, démissionna 15 jours plus tard et Claude Ruelle fut à nouveau nommé à la tête de la commune (1830-1838).

Henri Fremiet, tomba dans l’oubli des municipalités successives !

C. KAYSER .

LA VIGIE CITOYENNE.

 

Cet article a été publié dans Messigny et Vantoux. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s