Depuis 1830, à Messigny et Vantoux, on lave le linge sale à l’eau de Jouvence –

0585Aujourd’hui, passant devant le lavoir de Messigny, ou celui de Vantoux, on imagine mal qu’il y a seulement 50 ans de cela, y résonnaient encore les « rouillots » des lavandières. Elles étaient là, très tôt le matin, même en hiver. Parfois une dizaine ou plus, notamment le lundi. Chacune avait sa place, non pas réservée, mais née d’un certain respect coutumier. Certes la cohabitation entre toutes n’était pas toujours « coulant de source ». Il leur fallait savoir oublier les « brouilles » souvent stupides, qu’elles soient de famille ou du voisinage. Le lavoir de Messigny sera dessiné par le maire Henri FREMIET qui s’était fait la promesse de l’eau courante en son village. Les travaux, dirigé par lui-même débuteront le 8 Novembre 1829. Ce lavoir est notamment remarquable par sa toiture compluvium, bien qu’alimenté par l’eau de Jouvence, quelle référence !

En principe le linge était « décrassé » le lundi, pour être « rincé » le mardi. Pour certaines femmes c’était leur métier, leur « gagne pain ». Tel était le cas de Marie GUIGNOT, laquelle demeurait, quelle chance pour elle, au n° 4 de la rue du Lavoir. Entre le décrassage, la préparation du « cuvier », le « coulage » du « lessu », le  rinçage, l’essorage, l’étendage et le repassage c’était un peu l’enfer tous les jours !

C’était la situation de Jeanne Marie Le CALVE, brave lavandière à Tôt dans la Manche où en 1970 un agent publicitaire, en machines à laver le linge, fera d’elle une vedette, lorsque installée au bord de la Gerfleur, rivière du lieu, elle lance un truculent  « ch’est ben vrai, cha ! » Ainsi s’est trouvée popularisée la machine à laver le linge, libérant la femme de cette corvée. Non seulement répétitive, contraignante et terriblement épuisante mais le devenant davantage encore, lorsqu’il fallait remonter la brouette de linge mouillé, par une longue côte comme c’était le cas à Messigny. Et que dire alors de Curtil St Seine, par exemple, où le lavoir était situé dans un coteau, à 1km 300 au nord du village, en pleine forêt, à proximité de la route Vernot- Francheville. Remarquable lavoir d’ailleurs !

Malgré toute l’admiration que l’on peut porter sur notre magnifique lavoir, laissons-nous surtout gagner par un respectueux hommage envers toutes les femmes qui ont connu, en ces lieux tant et tant de souffrances. Agenouillées dans leur « carrosse », courbées des heures entières vers ces pierres posées en lavoir, le dos balayé par un constant courant d’air, les mains en permanence au contact de l’eau glacée, crispées sur cette maudite brosse en chiendent pour frotter, frotter et frotter encore, avant de se saisir du « battoir » pour frapper, frapper ce linge, afin d’en sortir toutes les impuretés.

Armand LELONG, garde champêtre, l’homme à tout faire du village, comme le sont aujourd’hui Patrick et Yvon, vidait et nettoyait régulièrement le lavoir municipal chaque dimanche matin..

Dans le courant des années 1970, avec l’utilisation des « pierres d’éviers » modernes, puis l’arrivée progressive des machines à laver, les lavandières seront de moins en moins nombreuses à fréquenter le lavoir municipal. Alors, voulant économiser l’eau, la municipalité prendra la décision de réduire de moitié la capacité du bassin, par un muret construit en son milieu. Une décision qui entrainera la révolte. Les lavandières, arguant, avec raison,  que l’eau devenait rapidement beaucoup trop sale. Sans oublier un tassement des places disponibles, entrainant des changements et comme les places, au lavoir, étaient plus « sacrées » que les places à l’église ! En signe de protestation, des pots de fleurs furent installés sur le muret séparatif. Une façon comme une autre de manifester leur mauvaise humeur, par la délicatesse des fleurs !

Au lavoir on parlait peu de politique, sinon municipale. D’ailleurs les femmes ne venaient d’obtenir le droit de vote que depuis peu. C’est le 21 Avril 1944 que Charles De Gaulle signera l’ordonnance allant dans le sens de l’Assemblée Consultative d’Alger. Elles voteront pour la 1èrefois le 29 Avril 1945 à l’occasion des élections municipales. Pourtant, dès 1936, des femmes étaient entrées au gouvernement Léon BLUM, Irène JOLIOT CURIE à la Recherche Scientifique, Cécile BRUNSCHICG à l’Education Nationale. Tout un événement, alors que n’ayant pas le droit de vote !

Il n’y avait encore que peu de radios écoutées et pas encore de télévision. Dès lors, malgré les difficultés, la vie communautaire était plus étroite. Le lavoir et les bistrots étaient là pour relayer les bonnes comme les mauvaises nouvelles…! Ainsi allait le monde rural en ce siècle passé, durement secoué par deux guerres.

Aujourd’hui ce splendide lavoir municipal aux piliers en pierres de taille, formant huit belles arches, est abandonné à son triste sort. Le muret de la discorde qui divisait son bassin a été démoli. Mais pour autant il n’en est pas moins devenu affreusement triste ce superbe lavoir de quelques 14 mètres de longs sur 2 de large. Ses deux « rinçoirs » avec, pour chacun, deux bornes d’alimentation, sont intacts. Tout au long du fond, la longue dalle en pierre, qui servait à poser les « carrosses » ou les baquets de linge est toujours présente. A l’extérieur, côté sud, le grand abreuvoir d’une quinzaine de mètres, où venaient se désaltérer les troupeaux du bas du village, a été comblé. Mais ses deux bornes d’alimentation sont encore présentes ! Par contre l’emplacement situé à l’avant est devenu un parking autos. Dans les années 80 il avait été question de transformer ce lavoir en musée de l’outillage. Mais il ne verra jamais le jour.

Passant fréquemment devant je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour toutes ces lavandières. Par tous les temps, le froid, la neige, dans les courants d’air, elles venaient ici s’agenouiller des heures et des heures, devant cette pierre inclinée, pour faire leur lessive. Et je me dis que bientôt, plus personne au village, ne sera là pour leur accorder le moindre souvenir, n’ayant pas connu cette époque et les « misères » qui étaient les leurs. Y compris pour remonter la brouette chargée du linge mouillé. On admirera peut-être encore ce beau lavoir, tant mieux, mais qui pourra bien songer à ce qu’a été ici la vie des «  Marie- Berthe- Jeanne- Denise- Gisèle- Geneviève- Odette- Alice- Albertine- Marguerite- Irène- Françoise- Marie Louise…et de très jeunes filles comme Yvette et Simone, sans ignorer tant et tant d’autres ! Je pense que chaque lavoir aujourd’hui, par respect et reconnaissance, devrait être baptisé «  Temple de la souffrance féminine»

G. BALLIOT

cartes postales J.MARTIN 049Légendes des photos

De gauche à droite : Mesdames Geneviève TISSIER- Philomène LELONG-Albertine ROGER- Simone SOULIER-Gisèle ALLARD- Marguerite RENOT-Charlotte AUBONNET.

Le nombre de brouettes, stationnées devant le lavoir, est très significatif de son utilisation..

LA VIGIE CITOYENNE.

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Où promener les toutous !!!

Clémentine dit :

Ça devient vraiment grave, maintenant c’est le terrain de la salle des fêtes qui va être démoli, si vous savez où il y a un terrain ou un bout de terrain clos ou à clôturer, je suis preneuse, ainsi que tous les propriétaires de Chiens, on aimerait avoir un endroit pour lâcher nos loulous.

LA VIGIE CITOYENNE.

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Ah ! çà défoule …

A la caisse d’un supermarché, une vieille dame choisit un sac en
> plastique pour ranger ses achats.

> La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l’écologie et lui dit :
 
>  » Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement
> écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération
> qui a gaspillé toutes les ressources ! »
>
> La vieille femme s’excuse auprès de la caissière et explique :
>
> “-Je suis désolée, il n’y avait pas de mouvement écologiste
> de mon temps.”
>
> Alors qu’elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute :
>
> – « Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos
> dépens. C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de
> l’environnement dans votre temps.
>
> Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer :
>
> – A cette époque on retournait les bouteilles de verre. Le magasin les
> renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau.
> Les bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le
> mouvement écologique.
>
> Elle ajoute :
>
> De mon temps, on montait l’escalier à pied : on n’avait pas
> d’escaliers roulants et peu d’ascenseurs. On ne prenait pas sa voiture à
> chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues : on marchait jusqu’à
> l’épicerie du coin. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement
> écologiste.
>
> On ne connaissait pas les couches jetables : on lavait les couches des
> bébés.
> On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde
> On avait un réveil qu’on remontait le soir.
>
> Dans la cuisine, on s’activait pour préparer les repas ; on ne disposait
> pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans
> efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit.
>
> Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on
> utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des
> boites ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en
> plastique
>
> On n’avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou auto-portées :
>
> On utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon.
>
> On travaillait physiquement ; on n’avait pas besoin d’aller dans un club
> de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité.
> Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
> On buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif.
>
> On n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter.
>
> On remplissait les stylos dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter
> un nouveau stylo.
>
> On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier
> après quelques utilisations.
>
> Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
>
> Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se
> rendaient à l’école à vélo ou à pied au lieu d’utiliser la voiture
> familiale et maman comme un service de taxi 24 H sur 24.
>
> Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les
> cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs,
> gommes, taille- crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils
> pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin,
> de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rue.
>
> Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique !
>
> On n’avait qu’une prise de courant par pièce, et pas de bande
> multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques
> indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.
>
> ALORS VIENS PAS ME FAIRE CHIER AVEC TON MOUVEMENT ECOLOGISTE !
>
> Tout ce qu’on regrette, c’est de ne pas avoir eu assez tôt la pilule,
> pour éviter d’engendrer la génération des jeunes cons comme vous, qui
> s’imagine avoir tout inventé, à commencer par le travail, qui ne savent
> pas écrire 10 lignes sans faire 20 fautes d’orthographe , qui n’ont
> jamais ouvert un bouquin autre que des bandes dessinées, qui ne savent
> pas qui a écrit le Boléro de Ravel… (pensent même que c’est un grand
> couturier), qui ne savent pas mieux où passe le Danube quand on leur
> propose Vienne ou Athènes, etc. mais qui croient tout de même pouvoir
> donner des leçons aux autres, du haut de leur ignorance crasse !
> CROTTE à la fin
>
> Merci de ne pas imprimer ce message afin de préserver l’environnement.
> Mais ne vous privez pas de faire suivre ! ! !

LA VIGIE CITOYENNE.

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Le jardin s’éveille doucement à l’annonce du printemps …

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Guy RANCOURT
Jonquille, acrostiche

J…aune comme le soleil la jonquille.
O…n la voit un peu partout dans les rocailles et parterres.
N…arcisse l’appelle-t-on parfois.
Q…ue tu es magnifique dans tes dentelles!
U…ne mini trompette se cache dans tes pétales.
I…mpossible d’imaginer le printemps sans ta présence.
L…égère et délicate, tu te balances au vent
L…aissant derrière ce déhanchement tant de grâce
E…t d’essences subtiles, toi la jonquille…

LA VIGIE CITOYENNE .

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Des rumeurs, encore des rumeurs, toujours des rumeurs !!!

Antoine dit :

Non Alain, il faut arrêter de « prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages »:
– le dépotoir, l’atrazine, le plan d’occupation des sols toujours en attente depuis 5 ans, les inondations prétendues absurdes rue du Stade, l’affaire Montigny étouffée avec une commission sous l’éteignoir, la porte cochère rue de la Mare, les pierres du mur de la rue des écoles, le transfert absurde et coûteux des terrains sportifs, les travaux dangereux au- dessus de l’aqueduc Darcy, etc, etc…Tout était « imaginaire » et « élucubration »…?
Je me pose la question de savoir si au conseil municipal on s’est déjà interrogé sur le  » Principe de Peter ».

LVC dit :

 » Le célèbre Principe de Peter est que tout employé compétent bénéficiera d’une promotion jusqu’à ce qu’il atteigne son niveau d’incompétence… d’où il ne bougera plus. Conséquence logique (c’est son corollaire) : avec le temps, tous les postes seront occupés par des incompétents. »

LA VIGIE CITOYENNE.

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 » …les rumeurs, vraies ou fausses sont souvent révélatrices … » ( Christoph Waltz ).

Anatole dit :

Comment pouvez vous blâmer ce que vous qualifiez de « rumeurs » alors que ce climat est soigneusement entretenu par un conseil municipal refusant de donner les informations dues aux citoyens électeurs. Car finalement, que ça plaise ou non, l’origine des rumeurs prétendues incombe au Conseil Municipal. Lorsque ses membres pourront répondre aux citoyens que nous sommes il n’y aura plus de rumeurs, des critiques sans doute, mais c’est surtout celles là qui sont redoutées, d’où l’explication du silence. A bon entendeur

LA VIGIE CITOYENNE.

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Le presbytère est toujours occupé …

Alain dit :

Heureusement qu’il y a des rumeurs qui circulent pour alimenter l’imagination débordante des chroniqueurs abonnés à ce site. Et le viel adage : « il n’y a pas de fumée sans feu » leur permet toutes les élucubrations possibles et inimaginables. Que je sache le presbytère est toujours occupé par le père Ruiz. .Quand à l’état des finances de la commune on devrait en savoir plus prochainement lors du vote du prochain budget. . Wait and see. ….

LA VIGIE CITOYENNE.

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Infos en brèves …

L’administration de la commune ne compte plus que trois personnes…la quatrième a vu, il y a quelques semaines, son contrat non renouvelé. Ce « licenciement » serait-il en rapport avec le fait que la commune « aurait  besoin d’argent » comme le suggère un ancien maire !!!

Le site de la Cigogne est de nouveau disponible à la vente…les derniers acquéreurs potentiels ont déclaré forfait….pour quelle raison !!!

LA VIGIE CITOYENNE.

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Quels projets pour le presbytère !!!

C.Kayser dit :

Des logements sociaux à cet endroit ? La rumeur en circule et, c’est bien connu il n’y a pas de fumée sans feu! Il est aussi dit que ce projet servirait à…renflouer les caisses de la commune? Dans un souci de clarté, la municipalité dément-elle ces échos? Cette plate-forme de la cure a une longue et belle histoire qui se conforterait par sa transformation en une mairie digne de ce nom dont le coût financier ne serait pas aussi excessif que l’on veut bien le dire Le parc pourrait également être aménagé à moindre frais et pourquoi pas avec l’aide de bénévoles comme cela se pratique dans nombre de villages. Appuyé en partie sur les restes des remparts Est du vieux Messigny ce site deviendrait un lieu de rencontre au quotidien, une sorte de poumon vert au coeur du village. Mesdames et Messieurs les élu(e)s vous qui connaissez le village par coeur, qui êtes en permanence à l’écoute de la population, réfléchissez ne laissez pas tomber ce site entre les mains d’un promoteur…ce serait du gâchis que (peut-être) vous regretteriez plus tard et nous avec! Bien entendu ce ne sont là que des suggestions…..

LA VIGIE CITOYENNE.

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C’était Marie DELABORDE, la Marie Mielle …

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Pour les anciens du village, Marie DELABORDE c’était la Marie ou plus couramment « la Marie MIELLE » perpétuant là une coutume ancienne et locale où les jeunes filles mariées étaient toujours appelées de leur nom de jeune fille et non par celui du mariage. Pourquoi ? Peut-être à l’époque déjà le souhait de protéger la féminité ?

Marie DELABORDE a commencé par se faire une certaine réputation à partir de « tournées » d’épicerie à travers les campagnes environnantes, dans le début des années 1930. C’est vrai qu’à l’époque l’auto était assez rare et les femmes au volant encore bien davantage, vous l’imaginez facilement. D’autant qu’au village il n’y avait guère que 5 à 6 autos. Alors « la Marie » est devenue une femme extraordinaire ! Dans tous les villages périphériques de Messigny « la Marie » arrivait, tel le prophète, avec sa fourgonnette bourrée en quantité de produits alimentaires et boissons. En chacun d’eux, elle avait plusieurs stationnements précis. Les clients arrivaient à l’appel du klaxon de l’auto, toujours le même jour, chaque semaine et à une heure identique. Tout était parfaitement organisé. Elle savait rester parfaite « commerçante », mais veillait pour autant à ne pas se laisser entraîner, dans la discussion, avec des retards qui seraient devenus gênants pour sa clientèle en attente. C’était tout un art pour ne pas blesser ou déplaire. Mais la Marie… savait faire !

Puis elle finira par décider d’installer une épicerie dans l’une des pièces de leur logement, 6 rue du Lavoir. A Messigny, il y avait bien déjà de l’épicerie dans les deux boulangeries mais pour elle, selon sa conception du métier, ce n’était là que du dépannage pour rendre service. Alors elle s’est installée, pour apporter un plus au village, à la clientèle. Pour accéder au magasin, il fallait descendre des marches. Son épicerie se présentait comme étant assez étroite donnant l’impression d’une certaine longueur, ce qui n’était pourtant pas le cas. Malgré cela, toujours très bien achalandée, avec des produits frais, son épicerie allait rapidement connaître un certain succès. Ce qui obligera parfois la clientèle à patienter dans la rue, faute de pouvoir pénétrer dans le magasin. C’était la vie rurale, toujours dans la bonne humeur. Sauf, qu’en Septembre 1939, la guerre étant déclarée, les premières mesures de restrictions appliquées sur le ravitaillement allaient notablement perturber le rythme commercial et les choix alimentaires. Toujours dans la bonne humeur, Marie DELABORDE saura constamment s’adapter, pour satisfaire au mieux ses clients, malgré l’absence de nombreux produits, remplacés par des ersatz, avec surtout la contrainte des tickets de ravitaillement. Tickets qu’il fallait détacher avec soin, tant ils étaient petits, pour ensuite les collationner afin de justifier le réapprovisionnement. Brave Marie …souvent dans la souffrance pour ses clients, parfois contraints de repartir le cabas vide, car l’autorité allemande, sur la place dijonnaise, s’était déjà servie, ne laissant rien pour l’occupé !

Après la guerre elle continuera son activité jusqu’en 1971, pour transmettre son commerce à Mme Colette Lacroix avant passage de cette dernière à Mme Danielle Jacques, dans une parfaite continuité commerciale de qualité. Mais l’arrivée des « grandes surfaces » dans la périphérie nord de Dijon ruinera tout espoir de survie des petits commerces locaux. A Messigny, suite au café TOURNIER puis MARESCHAL, s’installeront en début des années 1950 Germain FREMIET et son épouse Germaine LEDEY. Dans la partie nord du lieu, jusqu’alors réservée comme bureau de tabac – ce dernier étant « descendu » à l’angle de la rue des Ecoles – Germain FREMIET installera une épicerie. Et quelle épicerie ! Il faut dire que non seulement il y avait là un excellent commerçant mais également un jardinier de premier rang. Approvisionnant son épicerie avec ses propres récoltes tout en s’imposant chez les grossistes dijonnais pour se réserver toujours des produits de première qualité. Mais lui aussi devra s’incliner face aux grandes surfaces ! Quel commerçant il était, emporté hélas par la maladie alors que bien trop jeune retraité.

Justin, époux de Marie DELABORDE, travaillait chez Mulot & Petitjean, l’ancestrale et réputée fabrique dijonnaise du pain d’épice. Hors les travaux pénibles qu’il assumait à la maison en fin de semaine, il prenait soin de ne jamais s’immiscer dans le commerce de Marie, lui laissant toute latitude pour le conduire à sa guise.

Je ne saurais clore cette page sans parler de Charles MIELLE, le papa de Marie C’était un conteur merveilleux en histoires drôles, il en avait toujours deux ou trois nouvelles à vous raconter. Certaines étaient mignonnes, d’autres moins. Mais surtout il fallait rire sinon monsieur CHARLES n’aimait pas…mais alors pas du tout !…Il vous le faisait savoir avec force, prenant ça pour une forme de mépris. Il se fâchait tout rouge ! Il était comme ça Charles ! Un jour de neige et verglas, en charge de saler la rue du Lavoir devant l’épicerie, en lieu et place de prendre un sac de sel il a plongé à pleines pelletées dans un sac d’engrais. Qu’il a répandu consciencieusement dans la rue fier de l’efficacité de son travail, S’étant rendu compte de son erreur, pendant huit jours il n’a « pas mis le nez dehors », de crainte d’être l’objet de quelques railleries de la part de ses meilleurs copains. Ainsi était Charles, toujours prêt pour partir aux champignons, pour vous conter une histoire, mais attention à sa pointe de fierté, il était vite vexé, c’était sa nature ! Quoiqu’il en soit, c’était une «  figure » du village…et son « départ » laissa un vide indiscutable. Tout comme celui finalement prématuré de Marie et Justin DELABORDE.

G. BALLIOT

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Légende  des photos :

  • Marie DELABORDE dans son magasin 6 rue du Lavoir.

  • Germain FREMIET ici, devant la Mairie, au 50ème anniversaire de la Libération, et chantant la Marseillaise debout dans une Jeep. Instant émouvant, tant il avait un timbre de voix extraordinaire. Ayant parlé de lui je ne pouvais vous priver de cette belle image symbolique.

LA VIGIE CITOYENNE.

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